A propos de la Saint Jean d'été
Mots clés : Saint Jean d'été de Drulingen – Espace Hall au marché – Solstice d'été –symbolique du feu
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La date: Le cycle de la Saint Jean
Les feux de la Saint Jean devraient théoriquement avoir lieu le soir du 23 juin mais les organisateurs prennent des distances avec la tradition et préfèrent organiser cette fête un vendredi ou samedi soir plus pratique. Ces feux ont lieu la nuit du 23 au 24 juin ou du 24 au 25 juin selon les lieux avec un léger décalage avec le solstice d'été.
La fête de la Saint Jean peut de toute façon se dérouler jusqu'à la saint Pierre et Paul le 29 juin. Il suffit qu'elle se déroule, donc, pendant la période du "Cycle de la Saint Jean"
La fête de la Saint Jean est une fête expiatoire et il n'est pas rare d'y brûler des mannequins de paille.
Cette fête de la Saint Jean est par ailleurs la fête nationale du Québec.
D'autre part chez les Francs Maçons, la "tenue"(assemblée maçonnique) du solstice d'été clôt les travaux de l'année maçonnique. Ainsi la saint jean est aussi une fête maçonnique importante à travers le monde entier.
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Les origines: une fête païenne devenue fête religieuse
La fête de la Saint Jean traditionnellement accompagnée de grands feux est la fête de la naissance de Saint Jean Baptiste. Elle a lieu le 24 juin, date symbolique du solstice d'été.
Peu fréquents en Bourgogne, Franche-Comté, Champagne et Ardennes des feux de St Jean sont réalisées dans de nombreuses communes de France jusqu'à la première guerre mondiale. La deuxième guerre mondiale marquera un coup d'arrêt définitif et total de ces célébrations.
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Cette période de solstice d'été a été fêtée de tous temps. En Syrie et en Phénicie, le solstice donnait lieu à grande fête en l'honneur de Tammuz (dieu berger) compagnon d'Ishtar (déesse de la moisson) dans la mythologie babylonienne et assyrienne.
Le culte du feu associé au solstice d'été se retrouve en Chine, en Turquie, dans les rites vaudous et chez les Incas.
Paris a abandonné la tradition des feux de la Saint Jean au début du XX siècle. Les derniers feux datent de l'ancien régime, on dressait alors un bûcher sur la place de Grève et c'était le roi en personne, assisté de sa cour, qui l'enflammait. Des joueurs d'instruments, surtout les trompettes, donnaient toute la solennité nécessaire à l'embrassement du bûcher; le dernier monarque ayant allumé le feu de Grève fût louis XIV.
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Pour les Celtes le solstice d'été marque la journée la plus longue de l'année: c'est l'apothéose du cycle solaire. C'est le jour de Litha qui correspond au solstice d'été associé au sud, direction qui évoque le soleil à son zénith; le soleil est à l'apogée de son pouvoir, de sa chaleur et de sa vitalité. L'élément Feu est naturellement associé à cette fête. Il symbolise l'énergie, l'action, la réalisation mais aussi la spiritualité.
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Les feux de la Saint Jean sont communs à de nombreuses régions de France et d'Europe (de la péninsule ibérique à la Lituanie). Cette célébration peut servir à nous rappeler un héritage commun européen que nous partageons depuis des millénaires.
La civilisation judéo-chrétienne s'est adapté au culte païen en intégrant ses plus fortes célébrations fixes d'après le calendrier solaire. Ainsi ce n'est pas du tout un hasard si la naissance du Christ est fêté le solstice d'hiver (le 24 décembre, le jour le plus court de l'année; on y brûle par ailleurs une bûche de Noël, qui ne manque pas de rappeler le feu de joie du solstice d'été…) Saint Augustin ,dans un sermon précise :"A la naissance du Christ le jour grandit ,tandis qu'à la naissance du précurseur (Saint Jean-Baptiste, dernier prophète) ,il diminue".
C'est donc une "catholisation" de fête païenne très ancienne. Le rite catholique se repérait selon certains saints du calendrier. D'où la Saint Jean qui était proche du solstice d'été.
Dés le temps de Clovis (fin du Vème siècle), on transformera la tradition du feu de joie en célébration de la naissance de Saint Jean-Baptiste, celui qui a baptisé le Christ qui sera "la lumière du monde"… D'où le lien plus évident avec le solstice d'été et le feu de joie, ainsi nommé, non pour sa flamme mais pour sa braise. Chez les païens l'importance du rite se situait autour de la braise et du saut purificateur au dessus et travers le feu. Ce saut n'a trouvé ultérieurement aucune place dans le christianisme.
L'église aurait inclus dans ces feux une bénédiction des moissons et une incantation à avoir de bonnes récoltes. Par ailleurs c'est au moment où le jour est plus long que la nuit que ces feux de la Saint Jean étaient une façon très symbolique de montrer la suprématie de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort, du bien sur le mal et in fine de Dieu sur le Diable. Ces feux peuvent encore être interprétés comme une volonté que la lumière ne s'éteigne pas, se prolonge afin de faire perdurer la clarté et la lumière, que la vie l'emporte sur la mort.
Les rites se réfèrent à de gestes ancestraux et communautaires: la préparation du bucher fait appel à chacun (longtemps réservé aux plus jeunes), la circumambulation avant l'allumage du feu correspond à une sorte d'encerclement magique, le passage des bêtes ou des sauts par-dessus le feu sont des moyens de se prévenir de maladies, de mauvais sorts, mais aussi des rites de fécondité ainsi que des garanties de mariage dans l'année s'y trouvent associés.
Une fois le feu éteint, chacun rentrait chez soi avec un tison récupéré dans les cendres. La tradition populaire affirme qu'on pouvait le saisir sans risque car le " le feu de la Saint Jean ne brûle pas". Enfermé dans une armoire, conservé jusqu'à la Saint Jean suivante, le tison préservait la maison de l'incendie, de la foudre et de certaines maladies.
En 1955 dans l'Espagne de Franco, l'artiste peintre Francisco Fabregas Pujades pris l'imitative d'allumer un 22 juin un feu au sommet du mont Canigou. Ces feux clandestins, chaque 22 juin atteignirent d'années en années toute la Catalogne puis l'Espagne et les Baléares.
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Voilà un pensum un peu exhaustif, loin d'être complet permettant cependant d'entrevoir ce que représente la Saint Jean et ses feux. Le lecteur peut y amener ses notes personnelles, ses recherches, ses rectifications ainsi que les éléments que nous avons oublié de souligner en écrivant à l'adresse mentionnée ci-dessous
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